Qu’est-ce que la méthanisation ?

La méthanisation (ou fermentation anaérobie) est un procédé biologique permettant de valoriser des matières organiques en produisant du biogaz, qui est source d’énergies renouvelables, et un digestat utilisé comme fertilisant naturel.

Différentes matières peuvent être méthanisables :

–        Fumiers et lisiers agricoles

–        Cultures intermédiaires entre 2 cultures principales (CIVE)

–        Déchets de restauration

–        Déchets d’industries agro-alimentaires

–        Tontes de pelouse

Les résidus agricoles, les effluents d’élevage ou les déchets d’industries agro-alimentaires ont un pouvoir méthanogène. Ils sont incorporés dans le digesteur de l’unité de méthanisation, en absence d’oxygène.

La réaction biologique a lieu dans ce digesteur, fermé et confiné, évitant toutes émanations d’odeurs. Les intrants sont brassés et chauffés à une température dite mésophylle de 37 à 42°c pendant 30 à 50 jours, permettant ainsi la production de biogaz. Celui-ci, constitué de 60 % de méthane, est injecté dans un moteur de cogénération générant de l’électricité et de la chaleur.

Après passage dans un post-digesteur, le digestat ou résidu de digestion est séparé en phase solide et liquide puis stocké sur le site avant d’être épandu comme engrais naturel sur les terres agricoles des 12 exploitations partenaires selon un plan d’épandage. Ce digestat est beaucoup moins odorant que la matière entrante, et le taux de germes pathogènes est fortement réduit tout comme les mauvaises herbes.

Les projets de méthanisation sont-ils faits à l’insu de la population ?

Conformément à la loi, une enquête publique ou une consultation du public est obligatoire pour tout projet d’installation classée (ICPE). Les habitants ont pendant un mois la possibilité de s’informer et d’exprimer leurs avis auprès d’un commissaire enquêteur ou directement sur un registre à leur disposition à la mairie où se situe le projet. De plus, sans obligation légale, DEMETER Energies a réalisé à l’issue d’une pré-étude de faisabilité, une réunion d’information publique le 14 janvier 2016. Une seconde réunion aura lieu avant le début des travaux.

Y a-t-il un risque de mauvaises odeurs et de présence de mouches ?

Le procédé de méthanisation se déroulera en milieu hermétique. Arrivée dans des bennes étanches bâchées, la matière organique sera directement déchargée à l’intérieur d’un bâtiment fermé dont l’air sera traité via un biofiltre pour capter et traiter les odeurs. Au final, la méthanisation ne génère pas d’odeurs, elle les réduit : elle remplace les matières organiques odorantes (fumier, lisier) par un fertilisant inodore, ce qui réduit les odeurs d’épandage ! Dans le cadre de la démarche de concertation, le groupe de concertation a proposé la réalisation d’un panel de nez pendant les travaux et pendant l’exploitation afin d’identifier la création d’odeurs provenant de l’unité de méthanisation. Ce panel de nez sera ouvert aux habitants situés à proximité de l’unité.

La valeur immobilière des maisons avoisinantes va-t-elle baisser ?

La valeur immobilière d’un bien dépend de multiples critères dont le cadre, le dynamisme de la commune, les services, etc.

DEMETER Energies a fait en sorte de s’implanter sur un terrain suffisamment éloigné des habitations tout en favorisant le développement du territoire et de la commune de Mauzé sur le Mignon avec la création d’un réseau de chaleur alimentant différents bâtiments publics jusqu’au centre de la commune.

De plus, DEMETER Energies, en collaboration avec le CAUE79 et la PNR du marais poitevin, ont veillé à ce que l’unité soit intégrée dans un ensemble paysager bien pensé et bien inséré dans son territoire.

Quel est l’intérêt pour le territoire ?

L’implantation de l’unité va permettre de créer des emplois (responsable du site, chauffeur, technicien), de contribuer au dynamisme local, de pérenniser 12 exploitations agricoles d’élevage et d’apporter une énergie renouvelable à la collectivité.

Ce projet s’insère dans une dynamique de développement durable qui fait ses preuves depuis plus de 20 ans dans l’Europe du Nord. Il apporte une réponse mutualisée à la gestion des effluents d’élevage des agriculteurs à l’échelle locale, leur évitant un surinvestissement dans des exploitations individuelles, moins sécurisées. C’est une aide pour la pérennité de la filière agricole.

La méthanisation créé-t-elle des emplois ?

La méthanisation permet de créer des emplois non délocalisables. Le nombre d’emplois est fonction de la taille de l’unité. Pour 499 kW d’électricité produite, c’est 2 emplois directs permanents qui sont créés, auxquels il faut ajouter les emplois indirects (transport, construction, etc.).

Quel est le bilan CO2 d’une unité de méthanisation ?

Chaque m3 de méthane renouvelable produit évite le rejet dans l’atmosphère de 2,3 kg de CO2 responsable du réchauffement climatique.

Un projet de méthanisation de 500 kW électrique permet d’éviter l’émission d’environ 2 500 t de CO2 dans l’atmosphère.

Le moteur rejette-t-il des gaz d’échappement ?

Comme tout moteur à combustion, les moteurs de cogénération seront à l’origine d’émissions atmosphériques, principalement de gaz de combustion. Néanmoins, le biogaz passant dans le moteur est moins chargé en polluants que le diesel ou encore l’essence.

Les concentrations à l’émission correspondent à la valeur réglementaire prescrite pour les installations de combustion utilisant du biogaz.

Y’a-t-il un risque d’explosion ?

Les unités de méthanisation ne présentent pas de risque majeur d’explosion, d’où une distance d’éloignement réglementaire des habitations de 50m.

Les digesteurs sont équipés de soupapes de sécurité permettant de prévenir tous risques d’accumulation de gaz. La quantité de gaz stocké est très faible (2,5 heures de stockage) et celui-ci n’est pas sous pression. Il est envoyé directement dans le moteur pour être consommé au fur et à mesure. En cas d’arrêt du moteur, le gaz est envoyé dans une torchère pour être brûlé.

Sous la bâche du méthaniseur il y a la même quantité d’énergie que dans les citernes de gaz propane dans les jardins des particuliers. Le gaz n’est jamais sous pression il n’y a donc pas de risque d’explosion.

Techniquement, les effets d’une éventuelle explosion sont confinés dans l’enceinte de l’installation.

Y’a-t-il un risque pour la santé ?

Les unités de méthanisation ne présentent pas de risque particulier pour la santé humaine et sont soutenues par les Ministères de l’environnement et de l’agriculture.

Le procédé favorise l’hygiénisation des effluents agricoles et limite ainsi les risques liés aux bactéries sur notre environnement.

Elles sont soumises à enregistrement ou autorisation dans le cadre réglementaire de l’étude ICPE (Installations Classées Pour l’Environnement).

Le trafic routier va-t-il fortement augmenter ?

Tout dépend du projet. Dans le cadre du projet de DEMETER Energies, les effluents transitent déjà aujourd’hui sur les routes locales des exploitations aux champs où ils sont épandus. Ce projet collectif rassemblant 12 exploitations agricoles locales permet d’optimiser et rationaliser le transport des effluents dans de meilleurs conditions pour les habitants (bennes 20 tonnes étanches fermées, roues basse pression, citerne), ainsi que le plan d’épandage unique pour le compte des 12 exploitations. Le trafic sera de l’ordre de 3 trajets en tracteur vers l’unité par jour.

Schéma de principe du procédé de Méthanisation
elementum at diam commodo tempus leo. elit.