PRIN-DEYRANÇON Le Sas Demeter a souhaité rassurer et informer les habitants à propos de la construction prochaine d’une usine de méthanisation sur la commune.

L’installation d’une unité de méthanisation entraîne souvent des interrogation et quelques réticences de la part des élus et des habitants. C’est la raison pour laquelle le Sas Demeter, crée spécialement en 2014 pour porter ce projet, a organisé une réunion d’informations jeudi 14 janvier à Mauzé-sur-le-Mignon, David Paillat, son président, ingénieur agronome de formation et agriculteur sur la commune, en a expliqué la génèse. « Nous nous somme tournés vers cette solution car le lait est très impactant et notre Gaec en produit en moyenne 1,2 million de litres par an »

En septembre 214, les membres de la Sas ont contacté onze agriculteurs dans un rayon de 8 km autour du futur site, qui se sont montrés intéressés par les bénéfices énergétiques potentiellement engendrés et par une diversification des ressources qui devraient entraîner un revenu sur vingt ans.

Une production électrique pour 750 foyers

13 000t de fumiers et 5 300 t de lisiers seront traitées par ans dans deux digesteurs d’une capacité de 6 000 m³ avant de finir dans une fosse de stockage de 12 000 m³ en partie couvert afin de limiter au maximum les nuisances olfactives. De plus le processus de méthanisation devrait s’étendre sur une période allant de trente a cinquante jours, de manière, là encore, à éviter les désagréments. « Le convoyage se fera avec bennes couvertes et des roues basse pression pour ne pas détériorer les chaussées. Les itinéraires seront étudiés pour limiter la pollution sonore », complète Denis Renoux, directeur du Centre régional des énergies renouvelables.

Cette énergie restituée à 65 % bénéficiera aux agriculteurs sur leur exploitation. Une autre partie sera vendue a EEDF à 80 % du prix du kWh. Elle permettra également à la commune de réaliser des économies sur la facture du chauffage des bâtiments municipaux tels que la piscine, dont le chauffage au fuel et au bois a montré ses limites, trois ans après la mise en service. La production espérée est de 3,9 millions de kWh; ce qui correspond à la consommation de 750 foyers, hors chauffage. Cette unité devrait s’installer à Prin-Deyrançon sur une superficie d’un hectare. Un accord de principe a été trouvé avec la mairie et elle bénéficie du soutien de la Can par la voix de Dany Brémaud, sa vice-présidente en charge du développement durable. « Alors que l’objectif pour l’horizon 2050 est de la qualité du projet. Je souhaite qu’il aille à son terme », a t-elle affirmé.

Donner la parole aux habitants

Devant la réserve de certains habitants, qui craignent une dépréciation du prix de l’immobilier, des nuisances ainsi que des problème sanitaires, la Sas veut les intégrer au processus le plus possible. Ainsi, lors des prochains mois, elle souhaite organiser deux ateliers qui leur seront consacrés. Le premier abordera la question de l’intégration paysagère de cette unité et sera mené conjointement avec le Parc naturel du marais poitevin. Le second sera consacré à la prévention des nuisances olfactives avec l’appui technique d’Atmo Poitou-Charentes ( association de surveillance de la qualité de l’air). De plus , un groupe de concertation des habitants devrait être mis en lace « dans le but d’apporter des améliorations au projet », précise Damien Marie, chargé de mission à l’Ifree. Quatre à cinq réunions entre mars et juin devraient être organisées.

Dans cet objectif de transparence et d’échange, un site d’informations, www.demeter-energies.fr, a été mis en ligne le 18 janvier afin de permettre aux habitants d’accéder aux avancées du projet qui pourrait démarrer en 2017

AGRI 79 du 22/01/16