Bernard Biraud, David Paillat, Vanessa Baudrier-Paillat et Vincent Paillat, représentants de la SAS Déméter Énergies

La concertation organisée dans le cadre du projet de méthanisation porté par la SAS Déméter Énergies a pour finalité de développer l’intérêt général à l’intérieur d’une initiative privée. L’Ifrée accompagne l’émergence de cette intelligence collective.

«Quoi qu’il arrive, on ne se reprochera pas de ne pas avoir testé la concertation ». En entendant ces quelques mots prononcés par Vanessa Baudrier-Paillat, on perçoit l’incertitude dans laquelle l’équipe de la SAS Déméter Énergies travaille depuis deux ans déjà. Alors que de nombreuses heures et de lourds capitaux ont été engagés dans le projet de méthanisation agricole porté sur la commune de Prin-Deyrançon par les associés du Gaec Biraud Paillat, aujourd’hui encore rien n’est acté. Pour autant, Bernard, Vincent, Vanessa et David sont à l’œuvre, convaincus de la stabilité qu’une telle unité apportera à leur exploitation de polyculture élevage dans les années à venir.
Alors que le dossier d’installation classée pour la protection de l’environnement est arrivé dans les 32 communes du périmètre réglementaire de consultation (*), l’équipe ne ménage pas ses efforts. Jeudi 6 octobre, avec le concours du Parc interrégional du marais poitevin, il était proposé aux habitants du territoire de venir réfléchir à l’impact paysager d’une telle installation. Une opération qui s’inscrit dans une large démarche de concertation lancée courant 2015. « Les collectivités territoriales avec lesquelles nous étions en contact, et particulièrement la communauté d’agglomération niortaise, nous ont sensibilisés à la nécessité du débat public sur un tel projet », retrace Vanessa Baudrier-Paillat, chargée de mission développement.

Concertation et collaboration 

Sur recommandation de la Can, l’équipe s’est rapprochée de l’Ifrée, l’institut de formation et de recherche en éducation à l’environnement basé à Villiers-en-Bois. Par curiosité peut-être au début, reconnaissent les agriculteurs. Sur quel terrain les associés d’une exploitation de polyculture élevage de 320 ha de cultures, 100 ha de fourrages et 12 vaches pour 1,2 million de litres de lait produits par an et les équipes d’un institut centré sur l’environnement pouvaient-ils se retrouve? Apres de longues heures d’échanges et de découverte mutuelle, c’est sur le terrain de la concertation qu’ils ont construit leur collaboration. Bien que convaincus du bien-fondé économique et environnemental de leur projet, les membres de la SAS appréhendaient le risque de son rejet par la population. Pas question pour ces parents d’enfants scolarisés sur le territoire, ces adhérents d’associations locales, de se mettre en marge de la société dont ils sont membres. « Nous avons l’habitude de travailler à l’acceptabilité sociale des projets portés par les collectivités locales, présente Damien Marie, chargé de mission  à l’Ifrée. Si elle respecte les règles inhérentes aux unités de méthanisation, la société Déméter énergies, opérateur privé, est libre de faire ce qu’elle veut. « Cependant, et compte tenu de l’état d’esprit de nos interlocuteurs, nous avons travaillé à la mise en oeuvre de conditions permettant de développer l’intérêt  général  au sein d’une initiative privée » . En ouvrant des espaces de concertation, il a été offert aux acteurs locaux la possibilité de contribuer à l’évolution du projet par le débat et la formulation de propositions concrètes.

10 à 20 volontaires au sein du groupe de travail 

Un comité de concertation réunit Déméter énergies ainsi que les différentes collectivités territoriales concernées d’une manière ou d’une autre par l’implantation de l’unité de méthanisation. Celui-ci a pour mission d’acter ou non les pistes d’amélioration pour le territoire proposé par le groupe de concertation. Cette seconde instance est quand à elle constituée des volontaires quels qu’ils soient mais tous soucieux de prendre part au débat. 10 a 20 personnes y participent. Elle est un lieu de réflexion, d’information, de formation et propositions. Le territoire et ses intérêts sont au centre de ses préoccupations.

Des experts sont invités a intervenir à la demande des membres. Les connaissances ainsi acquises permettent à chacun de se forger un avis et de l’argumenter. « Ces réunions sont de véritables tempêtes de cerveaux », Vanessa Baudrier-Paillat, conquise par cette méthode de travail qui laisse une large place à l’intérêt collectif dans un projet privé. »Le projet n’en sera que meilleur », croit-elle après de longs mois de travail. Il y a un an , se souvient-elle, « je n’en était pas convaincue! » Savoir, dans un projet privé, céder de la place aux différentes composantes de la société n’est pas chose facile. « Ça revient à accepter de mettre de la complexité dans un projet qui déjà est complexe », reconnaît  Francis Thube, directeur de l’Ifrée. « Mais c’est un des leviers  de réussite à moyen et long terme », espère l’équipe de Déméter Energies, déterminée à jouer la carte de la durabilité.

 

Agri 79

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